Du 13 au 20 mai 2026 à Yaoundé, une exposition au Musée national met en avant les produits issus des farines locales dans le cadre des activités préalables à la fête nationale, avec l’appui du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique et du SAILD.
Le parfum du pain chaud flotte sur l’esplanade du Musée national. Devant un stand décoré de sacs de manioc et de régimes de plantain, une jeune femme tend un plateau de biscuits à des visiteurs curieux. Quelques mètres plus loin, des pains dorés sortent d’un four portatif sous les regards attentifs d’élèves, de fonctionnaires et de familles venus découvrir les produits exposés à l’occasion des activités marquant la célébration de la fête nationale.
Du 13 au 20 mai 2026, les farines locales sont au cœur d’une campagne de promotion organisée par le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique avec l’appui du SAILD. L’objectif : convaincre les consommateurs que les produits transformés à base de manioc, maïs, mil ou plantain peuvent rivaliser avec les produits classiques à base de blé importé.Sur son stand, le boulanger-pâtissier Dicastro Fomekong échange avec les visiteurs tout en présentant différents types de pains enrichis aux farines locales. Pour lui, cette exposition est une occasion de déconstruire certains préjugés.« Beaucoup pensent encore que les farines locales donnent des produits de mauvaise qualité. Pourtant, quand les recettes sont bien maîtrisées, on obtient des pains nutritifs et très appréciés des consommateurs », explique-t-il.Autour de lui, plusieurs visiteurs dégustent des échantillons. Certains découvrent pour la première fois un pain à base de farine de manioc. Mireille Zonkaloufa, centrafricaine venue avec ses enfants, se dit surprise par le goût: « Honnêtement, je ne pensais pas que ça pouvait être aussi bon. Si les prix restent accessibles, beaucoup de familles peuvent adopter ces produits », affirme-t-elle après une dégustation.

Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse la simple exposition culinaire. Rodrigue Kouang, responsable de projet au sein du SAILD ( Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement), rappelle que la promotion des farines locales s’inscrit dans une logique de soutien à l’économie nationale.« Derrière chaque produit local, il y a des producteurs, des transformateurs et des jeunes entrepreneurs. Valoriser ces produits, c’est aussi créer des opportunités économiques et réduire la dépendance aux importations », souligne-t-il.
Parmi les exposants figure également Mélanie Judicaël Edoa, spécialisée dans les biscuits à base de plantain et de patate douce. Devant son comptoir presque constamment entouré de visiteurs, elle voit dans cette initiative une opportunité de gagner en visibilité. « Les consommateurs sont de plus en plus curieux. Beaucoup découvrent qu’on peut transformer nos produits locaux en aliments modernes et attractifs », confie-t-elle.
