<< Informer, Dépister, Suivre >> c’est autour de ces trois mots que s’est ouvert ce 22 avril, à la salle de conférence Manaouda Malachie de l’hôpital Laquintinie de Douala, un symposium scientifique consacré à la lutte contre l’éclampsie.
Tout est parti d’une tragédie. Olivia, une femme enceinte, perd la vie des suites de complications gravides et d’hypertension artérielle. Sa famille, meurtrie mais debout, choisit de transformer cette douleur en responsabilité collective. Né de ce drame, le << combat d’Olivia >> devient le moteur d’un symposium réunissant spécialistes médicaux et femmes issues de différentes couches de la société camerounaise, avec un seul objectif : plus aucune femme ne meure d’une maladie que l’on peut prévenir.
<< L’hôpital Laquintinie a été très honoré par la démarche citoyenne de la famille d’Olivia >>, a déclaré Dr Ndom Idjem Epse Ebongue Manga Marie Solange, Directrice de l’établissement, présente pour l’occasion aux côtés du Pr. Henri Essome, maître de conférences à la FMSP, de Dr Moukouri Same Gertrude, gynécologue, et de Dr Josephine Kamdem, conseiller médical à l’hôpital Laquintinie.
L’éclampsie, une urgence que l’on sous-estime
L’éclampsie est une complication grave de la grossesse pouvant survenir chez toute femme enceinte, généralement après la 20e semaine. Elle se manifeste par des crises convulsives généralisées dans un contexte d’hypertension gravidique, et constitue une urgence médicale immédiate, potentiellement mortelle pour la mère comme pour le fœtus.
Des prédispositions génétiques, la présence d’agents infectieux, les habitudes alimentaires, l’âge ( les femmes de moins de 20 ans ou de plus de 35 ans étant les plus exposées ), sans oublier les grossesses multiples, sont des facteurs qui augmentent les risques de ce mal, souvent annoncé par des signes précurseurs ignorés tels que : les maux de tête sévères et persistants, des douleurs abdominales, des nausées ou vomissements récurrents, une vision floue ou des éclairs lumineux, un gonflement soudain des mains, des pieds ou du visage, et des convulsions.
Un rappel simple, mais vital
Face à une maladie dont la cause exacte reste encore mal comprise, les experts ont été unanimes : la prévention passe par trois actions concrètes. S’informer pour reconnaître les signaux d’alerte avant qu’il ne soit trop tard. Se faire dépister, car l’éclampsie ne prévient pas toujours. Se faire suivre tout au long de la grossesse, parce qu’un suivi régulier peut faire la différence entre la vie et la mort puisque << toute femme enceinte peut développer cette maladie >>, a insisté la Directrice de l’hôpital.
Grande annonce, les consultations prénatales désormais gratuites

C’est sous un tonnerre d’applaudissements que la nouvelle est tombée. À partir de maintenant, les consultations prénatales à l’hôpital Laquintinie de Douala sont gratuites. Une décision motivée par la réception d’ un don de matériel médical, dont des tensiomètres, renforçant ainsi sa capacité à prendre en charge les femmes enceintes dans de meilleures conditions.
